Palmarès Zinedine Zidane : joueur et entraîneur, un double mythe du real madrid

Palmarès Zinedine Zidane : joueur et entraîneur, un double mythe du real madrid

Zinedine Zidane fait partie de ces rares figures qui ont marqué deux fois l’histoire du Real Madrid : d’abord sur le terrain, ensuite sur le banc. Peu de joueurs peuvent revendiquer un but en finale de Ligue des champions devenu icône, puis un triplé consécutif en C1 comme entraîneur. Pour comprendre pourquoi son nom est solidement ancré dans la mythologie du club, il faut décortiquer son palmarès, mais aussi la manière dont il a gagné.

Un transfert galactique et une trace immédiate (2001-2003)

L’été 2001, Florentino Pérez lance un message au monde : après Figo, il recrute Zinedine Zidane à la Juventus pour environ 77,5 millions d’euros, un record à l’époque. À 29 ans, le Français arrive au Real Madrid dans un contexte de “Galactiques” où le club mise sur les stars offensives pour dominer le continent.

Sportivement, Zidane est recruté pour apporter ce que le Real recherche alors : du contrôle dans l’entrejeu, de la créativité entre les lignes et la capacité à décider les grands matchs. Il ne tarde pas à le prouver. Sa première saison (2001-2002) n’est pas la plus régulière en Liga, mais il brille dans les rendez-vous majeurs de Ligue des champions.

Le 15 mai 2002, à Glasgow, il inscrit l’un des buts les plus célèbres de l’histoire du club : une reprise de volée du gauche sur un centre de Roberto Carlos face au Bayer Leverkusen (2-1). Ce geste, à la 45e minute, offre la 9e Ligue des champions (“La Novena”) au Real Madrid et fige l’image de Zidane en blanc dans la mémoire collective. Cette C1 2001-2002 est son premier grand titre avec le club, et probablement le plus symbolique.

Dans la foulée, le Real remporte la Supercoupe d’Europe 2002 contre Feyenoord et la Coupe Intercontinentale 2002 face à l’Olimpia Asunción. Zidane y est encore influent, plus en organisateur qu’en buteur, dans une équipe où il partage le terrain avec Figo, Raúl, Roberto Carlos et, à partir de 2002, Ronaldo.

Un meneur décisif dans les derniers titres de l’ère galactique (2003-2006)

La saison 2002-2003 consacre Zidane comme chef d’orchestre de la Liga. Avec Vicente del Bosque sur le banc, le Real Madrid remporte le championnat avec 78 points, devant la Real Sociedad de Nihat et Kovačević. Zidane signe 9 buts en Liga et une saison pleine, au point d’être élu meilleur joueur du championnat par plusieurs médias espagnols.

Le Français excelle dans un rôle de meneur reculé, souvent à gauche du milieu dans un 4-2-3-1 ou un 4-3-3 modulable. Il décroche pour organiser, casse les lignes par la passe, et se projette encore assez pour finir les actions. C’est cette polyvalence dans le dernier tiers qui le rend si difficile à contrôler pour les défenses adverses.

Cette période “galactique” reste pourtant paradoxale : brillante offensivement, mais fragile défensivement. Après 2003, les titres se raréfient. Le Real enchaîne les changements d’entraîneurs (Queiroz, Camacho, Luxemburgo, López Caro) et la structure tactique se déséquilibre. Zidane, lui, continue d’afficher un niveau très élevé jusqu’à sa dernière saison, en 2005-2006, où il dispute 29 matchs de Liga (9 buts).

Le 7 mai 2006, il fait ses adieux au Santiago Bernabéu face à Villarreal (3-3). Il marque, est ovationné par le stade, mais sans trophée à fêter. C’est aussi ça, l’héritage de Zidane joueur au Real : une empreinte technique et émotionnelle énorme, parfois supérieure au strict nombre de titres.

Le palmarès de Zidane joueur au Real Madrid

En cinq saisons au Real Madrid (2001-2006), Zinedine Zidane dispute 227 matchs officiels, pour 49 buts et 68 passes décisives environ (toutes compétitions confondues, selon les sources). Son palmarès en tant que joueur madrilène est le suivant :

  • Ligue des champions : 1
    • 2001-2002
  • Liga : 1
    • 2002-2003
  • Supercoupe d’Espagne : 2
    • 2001
    • 2003
  • Supercoupe de l’UEFA : 1
    • 2002
  • Coupe Intercontinentale : 1
    • 2002

À ces titres collectifs s’ajoutent des distinctions individuelles qui renforcent son aura à Madrid :

  • Joueur de l’année FIFA (FIFA World Player) en 2003 (déjà lauréat en 1998 et 2000)
  • Élu meilleur joueur de la Ligue des champions 2001-2002 par l’UEFA
  • Présence régulière dans les équipes types de la saison en Liga et en C1

Le contraste est frappant : numériquement, son palmarès de joueur au Real n’est pas le plus fourni de l’histoire du club. Mais la qualité des titres (une C1 décisive), l’esthétique des performances et le contexte (époque des Galactiques) suffisent à faire de lui une figure majeure de l’ère moderne.

De la Castilla au banc de la mythologie (2014-2016)

Après sa retraite de joueur, Zidane ne prend pas immédiatement les rênes de l’équipe première. Il progresse par étapes : conseiller de Florentino Pérez, adjoint de Carlo Ancelotti lors de la Décima en 2013-2014, puis entraîneur du Real Madrid Castilla à partir de l’été 2014.

Cette étape en Segunda B n’est pas un simple passage symbolique. Zidane y teste ses idées : importance de la sortie de balle propre, liberté donnée aux milieux créatifs, mais aussi exigence physique. Les résultats restent corrects sans être extraordinaires, mais au club, on observe surtout sa gestion humaine et son autorité naturelle dans le vestiaire.

Le 4 janvier 2016, après l’échec de Rafael Benítez, Florentino Pérez l’installe sur le banc de l’équipe première. Le Real est alors en retard en Liga et semble mal engagé en Ligue des champions. Beaucoup s’interrogent : Zidane est-il prêt ? Est-il autre chose qu’une légende utilisée pour calmer l’environnement ?

La réponse arrivera très vite.

Le triplé historique en Ligue des champions (2016-2018)

Dès la fin de la saison 2015-2016, Zidane décroche son premier titre d’entraîneur : la Ligue des champions 2015-2016, gagnée à Milan contre l’Atlético (1-1, 5-3 t.a.b.). Il remet en place Casemiro au milieu, redonne confiance à Keylor Navas, et structure un 4-3-3 équilibré autour de la BBC (Bale-Benzema-Cristiano). En Liga, le Real finit à un point du Barça, mais la dynamique est lancée.

La saison 2016-2017 est probablement l’une des plus maîtrisées de l’ère récente du club. Zidane décroche un doublé Liga – Ligue des champions, performance rarissime au Real à l’ère moderne. En championnat, il s’appuie sur une gestion exceptionnelle de l’effectif : rotations massives, “équipe B” capable de gagner à l’extérieur, utilisation intelligente de joueurs comme Morata, James, Asensio ou Lucas Vázquez.

Sur le plan tactique, Zidane fait évoluer son système vers un 4-3-3/4-4-2 hybride, avec Isco souvent dans un rôle de meneur entre les lignes, et Cristiano recentré plus proche du but. Le Real finit avec 93 points en Liga et domine la C1, où il bat Naples, le Bayern, l’Atlético puis la Juventus en finale (4-1). C’est la 12e Ligue des champions (“La Duodécima”).

La saison 2017-2018 est plus irrégulière en championnat (3e en Liga), mais l’équipe se transcende encore en Ligue des champions. Le Real élimine le PSG, la Juventus, le Bayern, puis bat Liverpool en finale à Kiev (3-1), avec le fameux doublé de Gareth Bale. Cette 13e C1 (“La Decimotercera”) est historique : pour la première fois depuis la naissance du format moderne, un club remporte trois Ligues des champions consécutives (2016, 2017, 2018).

Sur cette première période (janvier 2016 – mai 2018), Zidane remporte 9 trophées :

  • Ligue des champions : 3 (2015-2016, 2016-2017, 2017-2018)
  • Liga : 1 (2016-2017)
  • Supercoupe de l’UEFA : 2 (2016, 2017)
  • Coupe du monde des clubs : 2 (2016, 2017)
  • Supercoupe d’Espagne : 1 (2017)

Au-delà du chiffre, ce qui marque, c’est la capacité de Zidane à gérer des ego énormes, à maintenir un niveau de compétitivité maximal sur plusieurs saisons, et à adapter son équipe à des contextes différents (bloc bas du Bayern, intensité du Liverpool de Klopp, transitions du PSG, etc.).

Le retour et les derniers titres (2019-2021)

Après avoir quitté le club en mai 2018, Zidane revient en mars 2019 dans un contexte très différent. Cristiano Ronaldo est parti à la Juventus, l’équipe est en pleine crise de résultats, et les projets Lopetegui puis Solari ont échoué. On lui demande presque l’impossible : reconstruire en restant compétitif.

La saison 2019-2020 est marquée par la pandémie, l’arrêt du championnat puis sa reprise à huis clos. Zidane en tire un titre majeur : la Liga 2019-2020, remportée grâce à une série de 10 victoires consécutives après le confinement. Cette fois, son Real est moins flamboyant, mais très solide défensivement, avec un Courtois impérial, un Ramos décisif, et un Benzema leader offensif.

Le système tourne autour d’un 4-3-3 ou 4-4-2 losange selon les matchs, avec Kroos, Modrić, Casemiro et Valverde comme base. Zidane sait faire évoluer son idéologie : moins de possession pour la possession, plus de pragmatisme, davantage de gestion des temps forts et faibles.

En janvier 2020, il remporte aussi la Supercoupe d’Espagne dans son nouveau format à quatre équipes, en battant Valence puis l’Atlético aux tirs au but. En Ligue des champions, il atteint les demi-finales en 2020-2021, éliminé par Chelsea, avec un effectif diminué par les blessures et en fin de cycle.

Son deuxième mandat (2019-2021) est moins spectaculaire en termes de trophées, mais tout aussi significatif en termes de scénario : Zidane prouve qu’il sait aussi reconstruire, intégrer des jeunes (Valverde, Vinícius, Rodrygo) et obtenir un titre de Liga sans Cristiano Ronaldo, dans un contexte plus défensif.

Le palmarès de Zidane entraîneur au Real Madrid

Au total, sur ses deux passages (2016-2018 et 2019-2021), Zinedine Zidane a remporté 11 trophées comme entraîneur du Real Madrid :

  • Ligue des champions : 3
    • 2015-2016
    • 2016-2017
    • 2017-2018
  • Liga : 2
    • 2016-2017
    • 2019-2020
  • Supercoupe d’Espagne : 2
    • 2017
    • 2019-2020
  • Supercoupe de l’UEFA : 2
    • 2016
    • 2017
  • Coupe du monde des clubs : 2
    • 2016
    • 2017

Ces 11 trophées le placent parmi les entraîneurs les plus titrés de l’histoire du club. Miguel Muñoz et Carlo Ancelotti restent des références sur la durée et le volume, mais Zidane a marqué les esprits par la densité de ses succès en un temps très court, notamment en Ligue des champions.

Pourquoi son palmarès pèse autant dans l’histoire du club

Que signifie vraiment ce double palmarès, joueur et entraîneur, dans l’histoire du Real Madrid ? D’abord, une rareté statistique : très peu de figures ont gagné la Ligue des champions avec le club à la fois sur le terrain et sur le banc. Zidane l’a fait, et pas une seule fois, mais quatre au total (2002 comme joueur, 2016, 2017, 2018 comme entraîneur).

Ensuite, son impact dépasse le simple cumul de trophées. Comme joueur, il a donné une image : celle du Real des Galactiques, capable d’aligner une qualité technique hors normes. Son but en 2002 symbolise cette dimension esthétique. Comme entraîneur, il a redonné une autre identité : celle d’un Real pragmatique mais brillant dans les grands soirs, capable de survivre à des matchs difficiles et de punir à la moindre opportunité.

Un autre élément clé est sa gestion du vestiaire. Comment faire cohabiter Cristiano Ronaldo, Ramos, Modrić, Kroos, Marcelo, Benzema, Bale, en gardant tout le monde concerné, même les remplaçants ? Zidane y parvient par un mélange de proximité et de fermeté. Il parle le langage du vestiaire, sans s’étendre dans les explications publiques, mais les joueurs savent qu’il a été à leur place au plus haut niveau.

Tactiquement, il a parfois été sous-estimé, présenté comme un “gestionnaire” avant tout. Pourtant, ses ajustements sont nombreux : repositionnement de Cristiano plus axial, titularisation de Casemiro comme point d’équilibre, passages au 4-4-2 en losange pour intégrer Isco, utilisation de Valverde pour densifier le milieu, adaptation au départ de Ronaldo avec un bloc plus solide. Ce n’est pas un théoricien qui théâtralise son approche, mais un entraîneur qui lit bien les contextes et les forces de son effectif.

Enfin, il y a la continuité symbolique : Zidane relie deux époques. Il appartient au Real des années 2000, celui de la Novena et des Galactiques, et à celui de la fin des années 2010, celui de la Decimotercera et de la domination en C1. Son nom sert de passerelle entre ces cycles, dans un club où les joueurs passent, mais où certains visages deviennent des repères historiques.

Au moment d’évaluer son héritage à Madrid, une question s’impose : comment classer Zidane dans la hiérarchie des légendes du club ? En tant que joueur seulement, il ne rivalise pas en longévité avec un Raúl, un Casillas ou un Marcelo. En tant qu’entraîneur seulement, sa carrière est plus courte que celle de Miguel Muñoz ou Carlo Ancelotti. Mais si l’on combine les deux dimensions, peu de figures résistent à la comparaison.

Un but iconique en finale de Ligue des champions, trois C1 consécutives sur le banc, deux Ligas gagnées dans des contextes très différents, et une capacité unique à incarner l’image du Real Madrid auprès du grand public : c’est cette addition qui fait de Zinedine Zidane un double mythe du club, au-delà des chiffres bruts de son palmarès.